Saint Révérien église

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L'église Saint Révérien de Saint Révérien

Le bâtiment

  • Ancienne église du prieuré (ordre de Cluny, fondation du IXe siècle), maintenant paroissiale, de Saint Révérien, milieu du XIIe siècle.
  • Nef flanquée de bas côtés très étroits et chœur avec déambulatoire et chapelles rayonnantes.
  • Cette église n'a point de transept.
  • En 1723 elle fut endommagée par un incendie, et d'importantes réparations durent être faites en 1735 et 1739 ; mais elles ne sauvèrent point la nef, qui était à peu près en ruine lorsque, vers 1840, elle fut reconstruite dans son ancien style.
  • Le clocher-porche et les trois premières travées sont donc modernes.
  • Un cul-de-four termine les deux travées du chœur, voûtées en berceau brisé, de longueur inégale, la première, qui portait l'ancien clocher, plus courte que l'autre.
  • Deux arcades cintrées, une de chaque côté, et cinq arcades en tiers-point, soutenues par des colonnes fuselées, taillées au tour, reposant sur un stylobate continu orné de moulures, font communiquer la partie arrondie du sanctuaire avec le déambulatoire ; un cordon de têtes de clou encadre toutes les arcades du chœur et de l'hémicycle, et un bandeau, décoré de fleurons, règne au-dessus de ces arcades, à la naissance des voûtes, dans le sanctuaire et dans une partie du chœur.
  • Le déambulatoire est voûté d'arête.
  • Les trois chapelles rayonnantes, voûtées en cul-de-four ovoïde, ont chacune trois fenêtres garnies de colonnettes à chapiteaux décorés d'animaux empruntés aux bestiaires et de palmettes imitées de l'antique.
  • Entre les chapelles s'ouvrent deux fenêtres cintrées superposées, garnies de colonnettes, les unes droites, les autres en spirale à pans, à chapiteaux pareils aux autres.
  • Un bandeau, moins ornementé et plus étroit que celui du sanctuaire, règne à la naissance des voûtes des chapelles et se prolonge dans tout le déambulatoire.
  • La chapelle centrale, dédiée à la Vierge, a conservé des peintures du commencement du XVIe siècle représentant l'Assomption.
  • La Vierge, les pieds sur un croissant, est entourée d'attributs des litanies avec légendes gothiques.
  • Les trois travées de la nef ont été copiées sur celles du chœur ; leurs voûtes en berceau sont soutenues par des arcs-doubleaux plats retombant sur des colonnes engagées ; à chaque travée de la nef correspondent deux travées des bas côtés voûtées d'arête ; leurs arcs-doubleaux brisés portent alternativement sur des colonnes engagées dans les piliers et sur des colonnes rondes.
  • Fenêtres cintrées.
  • Les chapiteaux des parties anciennes de l'église, historiés, imités de l'antique ou décorés d'animaux fantastiques, de galons, d'entre-lacs, etc. sont du meilleur style et d'une exécution fort soignée ; ils peuvent être comparés aux magnifiques chapiteaux de l'église de la Charité-sur-Loire.
  • Les tailloirs présentent aussi des ornements d'un excellent effet.
  • Les bases des colonnes ont leur tore inférieur élargi et aplati.
  • Cinq dalles tumulaires se remarquent dans cette église : la plus ancienne, du XIIIe siècle, dressée contre le mur, porte en relief une croix fleuronnée à longue hampe, accostée d'un écu à un lion et d'une épée dans son fourreau ; l'inscription est tout à fait illisible ; la seconde, de Hugues de Lespinasse, seigneur de Champallement, mort en 1375, et la troisième de Marguerite de Thianges, fille de Guy, seigneur de Thianges et femme de Hugues de Lespinasse, morte en 1413, ont été évidemment gravées seulement dans la première moitié du XVIe siècle : elles portent la représentation du défunt à l'état de cadavre décharné, enveloppé d'un suaire ; sur ces dalles figurent l'écu fascé des Lespinasse et celui à trois tierce-feuilles des Thianges, avec une écartelure ; la quatrième tombe, portant comme les deux autres, la représentation d'un cadavre, est celle de Charles Baudreuil, prieur de Saint-Révérien, mort en 1534 ; enfin, épitaphe de N. Rigault, mort en 1639.
  • Les colonnes du chœur sont couvertes de noms, d'armoiries, de dessins divers, gravés à la pointe, dont quelques-uns remontent au XIIIe siècle ; les mots robertus me fecit, inscrits sur une colonne en lettres capitales gothiques, peuvent être la signature de l'un des artistes qui travaillèrent à l'église.
  • On a placé dans le tympan du nouveau portail deux figures provenant de l'ancien.
  • Les contre-forts plats du chevet sont surmontés d'un membre en retraite.
  • Archivoltes au-dessus des fenêtres, celle du milieu perlée.


Les statues

Saint Révérien portant sa tête

Ces deux textes ont été relevés dans la chapelle nord de l'église de Saint-Révérien où se trouve la statue céphalophore :

  • La statue de Saint Révérien (Révérianus) martyr et évêque, décapité au IIIe siècle à Saint Révérien porte sa tête selon la tradition iconographique traditionnelle.

Cette statue (classée MH) date du XVIe siècle. Elle était auparavant placée devant le pilier gauche à l'entrée du chœur dans la nef. L'autel en bois date du XVIIe siècle. Ce travail d'ébénisterie montre encore malgré certaines retouches les applications à la feuille d'or de cette époque. Il aurait été le Maître-Autel, avant les restaurations de l'église au XIXe siècle. Au-dessus, la statue en bois est du XIXe siècle.


  • Statue céphalophore de St Révérien :

Le pape Saint Félix Ier (268-274) envoya l'évêque Révérien, le prêtre Paul et dix chrétiens dans le territoire des Éduens pour y annoncer l'Évangile. Après un séjour à Autun, ces missionnaires arrivèrent par ici. Le cruel empereur Aurélien (270-275) passait en Gaule : il les fit arrêter et décapiter en 274. Au IVe siècle, une cella fut élevée sur leur tombeau au lieu dit aujourd'hui Saint Révérien. Une autre tradition situe à Nevers (territoire aussi des Éduens) le martyre de Saint Révérien et de ses compagnons. Mais pourquoi ICI la cella du IVe siècle devenue en 886 l'oratoire de Saint Révérien confié au Chapitre de Nevers ? Ces martyrs sont inscrits le premier juin au martyrologe romain.



Sources : Répertoire archéologique du département de la Nièvre rédigé sous les auspices de la Société nivernaise des Lettres, sciences et arts par M. le comte de Soultrait ; impr. nationale (Paris) – 1875 et Patrimoine des communes de la Nièvre (Éditions Flohic)
Photo : Éric Monnier (GenNièvre)
--m mirault 18 mars 2011 à 13:37 (CET) m mirault 22 juin 2013 à 08:46 (CEST)
Source : Panneaux accrochés dans l'église